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Que dit le TDS d’une eau ? Le chiffre, le goût et la table

Par Clara Bastid, le 8 octobre 2026

L’essentiel. Le TDS, appelé résidu sec sur les étiquettes, mesure la quantité de minéraux dissous dans une eau. Il ne dit rien de sa pureté : le plomb et les PFAS se comptent en microgrammes, et les bactéries n’apparaissent pas. Il dit en revanche presque tout de son goût : sous 600 mg/L environ, l’OMS juge une eau généralement agréable. L’eau Mongalet est minéralisée à 300 mg/L pour l’eau tranquille et à 600 mg/L pour l’eau vive, quelle que soit la ville.

Sur l’étiquette d’une bouteille, il s’appelle résidu sec. Sur l’écran d’un testeur, TDS. Un seul nombre pour résumer une eau entière. Il dit beaucoup de son goût. Il ne dit presque rien de sa pureté.

Qu’est-ce que le TDS d’une eau ?

TDS est l’abréviation anglaise de total dissolved solids : les matières dissoutes totales. Le chiffre s’exprime en milligrammes par litre (mg/L), que les testeurs affichent en ppm, une unité équivalente.

Ce qui est dissous, ce sont surtout des sels minéraux : calcium, magnésium, sodium, potassium, bicarbonates, sulfates, chlorures. Sur un réseau parisien, le contrôle sanitaire relève par exemple de 82 à 92 mg/L de calcium et de 228 à 243 mg/L de bicarbonates. C’est cette charge qui donne à l’eau de Paris sa dureté, au-delà de 20 degrés français.

En une phrase : le TDS, c’est le poids des minéraux contenus dans un litre d’eau.

TDS ou résidu sec : deux manières de compter

Le résidu sec est la mesure des laboratoires et des étiquettes. On évapore l’eau, on porte le dépôt à 180 °C, on le pèse. C’est ce chiffre que la réglementation retient pour classer les eaux minérales : sous 50 mg/L, une eau peut se dire « très faiblement minéralisée », sous 500 mg/L « faiblement minéralisée », au-delà de 1 500 mg/L « riche en sels minéraux ».

Le testeur de poche, lui, ne pèse rien. Il mesure la conductivité de l’eau, sa capacité à laisser passer un courant, qui augmente avec les sels dissous. Puis il convertit ce courant en milligrammes avec un coefficient fixe, le plus souvent compris entre 0,5 et 0,7.

Les deux chiffres sont voisins, pas identiques. À 180 °C, une partie des bicarbonates s’échappe en gaz carbonique : le résidu sec d’une eau calcaire est souvent inférieur à la somme de ses minéraux. Le testeur, lui, n’est qu’une estimation. Il sert surtout à comparer deux eaux entre elles.

En une phrase : l’étiquette pèse, le testeur estime.

Un TDS bas veut-il dire une eau pure ?

Non, et c’est le contresens le plus répandu. L’Organisation mondiale de la santé ne fixe aucune valeur sanitaire pour le TDS : aux niveaux présents dans l’eau potable, les minéraux dissous ne posent pas de problème de santé.

Ce qu’on cherche à retirer de l’eau se compte dans une autre unité. La directive européenne sur l’eau potable plafonne le plomb à 10 microgrammes par litre, puis à 5 en 2036, et la somme de vingt PFAS à 0,1 microgramme par litre. Un microgramme, c’est mille fois moins qu’un milligramme. Face à quelques centaines de milligrammes de minéraux, ces traces ne font pas bouger l’écran. Quant aux bactéries, ce ne sont pas des sels : un testeur ne les voit pas.

La pureté d’une eau se lit dans une analyse de laboratoire, contaminant par contaminant. Pas sur un écran à trois chiffres.

En une phrase : le TDS parle du goût, pas de la sécurité.

Ce que le chiffre change dans le verre

Presque tout. L’OMS, qui ne fixe aucune limite sanitaire, s’est en revanche prononcée sur le goût : une eau sous 600 mg/L environ est généralement jugée agréable, et elle le devient de moins en moins au-delà de 1 000 mg/L.

Entre ces bornes, chaque chiffre a son caractère. Sous 50 mg/L, l’eau est légère, effacée, parfois creuse. À quelques centaines de milligrammes, elle prend de la rondeur et accompagne sans s’imposer. Plus haut, les minéraux se font sentir : une pointe saline, une amertume, de la longueur.

Pour l’eau pétillante, l’équilibre se déplace. Les minéraux, les bicarbonates en tête, tempèrent l’acidité du gaz carbonique. C’est pourquoi tant de grandes eaux pétillantes de table sont plus minéralisées que les plates, et pourquoi une bulle fine, serrée, qui ne pique pas, tient aussi à ce qui est dissous.

Et le café ? La Specialty Coffee Association recommande une eau d’environ 150 mg/L pour l’extraction, entre 75 et 250 mg/L. Une eau d’extraction et une eau de table n’ont pas le même cahier des charges.

En une phrase : le chiffre ne dit pas si une eau est bonne, il dit comment elle se tient à table.

Pourquoi votre eau n’a pas le même chiffre qu’ailleurs

L’eau du robinet porte la signature de son sous-sol. Sur certains réseaux du Puy-de-Dôme, en terrain volcanique, elle sort à moins de 3 degrés français de dureté. À Paris, en bassin calcaire, elle en dépasse 20. Le même plat, servi avec l’eau de la ville, n’a donc pas le même partenaire dans le verre selon l’adresse du restaurant.

En une phrase : au robinet, c’est la géologie qui choisit le chiffre.

Quatre traitements, quatre chiffres

Ce qui est retiréMinéralisation au verreGoût
Eau du réseauRien après la distributionCelle de la communeVarie d’une ville à l’autre, parfois une note de chlore
Fontaine microfiltréeParticules, chloreProche de celle du réseauCelui de la ville, sans le chlore
Osmose inverse seulePresque tout ce qui est dissous, minéraux comprisQuelques mg/L à quelques dizainesPlat, creux
Osmose inverse + Selzo™Presque tout, puis un profil minéral reconstitué300 mg/L (tranquille), 600 mg/L (vive)Défini et constant

Une membrane assez fine pour arrêter les micropolluants arrête aussi les minéraux : on ne peut pas purifier à ce niveau sans faire chuter le chiffre. Une eau osmosée à 20 mg/L n’est donc pas « meilleure » qu’une autre. C’est une eau inachevée.

En une phrase : le bon chiffre n’est pas le plus bas, c’est celui qu’on a choisi.

Où se situe l’eau Mongalet

L’eau Mongalet naît en deux temps. L’osmose inverse repart presque de zéro. La reminéralisation Selzo™, mise au point avec le Pr Benoît Barbeau de Polytechnique Montréal après des centaines de formulations goûtées à l’aveugle, lui redonne ensuite un profil minéral défini.

L’eau tranquille est minéralisée à 300 mg/L : de l’équilibre, de la rondeur, une eau qui accompagne la cuisine. L’eau vive monte à 600 mg/L et se sert au siphon sous 8 bars : plus de caractère, une bulle qui tient. Son histoire est dans le retour de l’eau de Seltz.

Surtout, ces chiffres ne bougent pas. Parce que l’osmose efface la signature du réseau, l’eau Mongalet a le même goût à Paris, à Lyon ou à Marseille, d’un service à l’autre. Produite à trois mètres de la table plutôt qu’à mille kilomètres de la source.

En une phrase : purifier d’abord, puis choisir son chiffre.

À retenir

TDS et résidu sec mesurent la même chose par deux chemins : la quantité de minéraux dissous. Ni l’un ni l’autre ne renseigne sur la pureté, qui se mesure en microgrammes et en laboratoire. Ils disent en revanche presque tout du goût : sous 600 mg/L environ, une eau est généralement jugée agréable. Le bon chiffre dépend de ce que l’on sert, et de ce que l’on veut servir.

Pour aller plus loin : d’où vient le goût de l’eau · l’eau osmosée est-elle dangereuse ? · Mongalet au restaurant · Mongalet au bar.

Questions fréquentes

Quel TDS pour une bonne eau de table ? Aucun chiffre n’est imposé pour la santé. Pour le goût, l’OMS juge généralement agréable une eau sous 600 mg/L environ. Le reste est affaire de style : une eau légère s’efface, une eau plus minéralisée s’affirme.

Un testeur TDS peut-il dire si mon eau est saine ? Non. Il mesure la conductivité, donc les minéraux. Le plomb ou les PFAS sont réglementés en microgrammes, bien trop peu pour faire bouger l’écran, et les bactéries n’apparaissent pas.

Quelle différence entre TDS et résidu sec ? Le résidu sec est pesé après évaporation à 180 °C : c’est le chiffre des étiquettes. Le TDS d’un testeur est estimé à partir de la conductivité. Les deux sont proches, sans être identiques.

Pourquoi une eau osmosée affiche-t-elle un chiffre si bas ? Parce que la membrane qui retient les micropolluants retient aussi les minéraux. Une eau osmosée non reminéralisée est très pure, mais plate et sans relief. C’est pourquoi Mongalet la reminéralise systématiquement.

Quelle est la minéralisation de l’eau Mongalet ? 300 mg/L pour l’eau tranquille, 600 mg/L pour l’eau vive. Ces chiffres sont les mêmes partout, quelle que soit l’eau du réseau.

Quelle eau pour le café ? La Specialty Coffee Association vise environ 150 mg/L pour l’extraction, entre 75 et 250 mg/L. Une eau de table et une eau d’extraction répondent à des besoins différents.

Sources

Organisation mondiale de la santé, Directives de qualité pour l’eau de boisson, fiche sur les matières dissoutes totales.

Arrêté du 14 mars 2007 relatif aux critères de qualité des eaux conditionnées, annexe IV : mentions d’étiquetage des eaux minérales.

Directive (UE) 2020/2184 du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

ARS Île-de-France, contrôle sanitaire des eaux du réseau de distribution parisien.

Contrôle sanitaire de l’eau potable, données publiques data.gouv.fr (réseaux du Puy-de-Dôme).

Specialty Coffee Association, standard de l’eau d’extraction du café.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical.

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