PFAS dans l’eau du robinet : ce qui change en 2026
L’essentiel. Depuis le 1er janvier 2026, l’eau du robinet doit respecter en France une limite de 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS, fixée par la directive européenne 2020/2184 et contrôlée par les Agences régionales de santé. En cas de dépassement, le distributeur doit informer la population et agir. Le TFA, absent de cette liste, sera surveillé à partir de 2027. Et depuis la même date, la loi du 27 février 2025 interdit les PFAS dans les cosmétiques, les farts et les vêtements.
Il y a dix ans, presque personne ne connaissait le mot. Aujourd’hui, les PFAS ont leurs cartes interactives, leurs documentaires et leurs débats au Parlement. 2026 marque un tournant : pour la première fois, ces « polluants éternels » sont mesurés partout dans l’eau du robinet, avec une limite réglementaire. Voici ce qui a changé, et ce que cela signifie pour l’eau que l’on boit et que l’on sert.
Les PFAS, de quoi parle-t-on ?
Les substances per- et polyfluoroalkylées forment une famille de plusieurs milliers de molécules. On les trouve dans les revêtements antiadhésifs, les emballages, les textiles imperméables, les mousses anti-incendie. Leur force est aussi leur défaut : elles ne se dégradent presque pas. Rejetées dans l’environnement, elles s’y accumulent, jusque dans les nappes et les rivières qui alimentent le réseau d’eau potable.
Ce qui change dans l’eau du robinet
Une limite. La directive européenne 2020/2184 sur l’eau potable, transposée en droit français, impose depuis le 1er janvier 2026 une limite de 0,1 microgramme par litre pour la somme de 20 PFAS désignés. Un microgramme par litre, c’est un millionième de gramme dans un litre d’eau.
Un contrôle systématique. Ces 20 PFAS entrent dans le contrôle sanitaire régulier réalisé par les Agences régionales de santé, partout en France.
Des obligations en cas de dépassement. L’eau est alors déclarée non conforme. Le distributeur doit confirmer le résultat, informer la population, améliorer la qualité de l’eau dans les meilleurs délais et, faute de solution immédiate, présenter un plan d’action au préfet. Selon le niveau mesuré, les autorités sanitaires peuvent considérer que l’eau reste consommable pendant cette période.
Le TFA, l’angle mort de 2026
Le TFA, ou acide trifluoroacétique, est un PFAS à chaîne très courte, souvent le plus présent dans l’eau. Il ne fait pas partie des 20 substances de la directive. Sa surveillance dans l’eau potable est prévue à partir de janvier 2027, avec une valeur sanitaire provisoire de 60 µg/L et un objectif de descendre sous 10 µg/L.
Autrement dit, une eau conforme en 2026 peut contenir d’autres PFAS que ceux mesurés. La réglementation progresse par étapes, au rythme des connaissances.
Au-delà de l’eau : la loi du 27 février 2025
La France est allée plus loin que l’Europe. Depuis le 1er janvier 2026, la loi visant à protéger la population des risques liés aux PFAS interdit leur fabrication et leur mise sur le marché dans les cosmétiques, les farts de ski et les vêtements et chaussures, sauf usages essentiels encadrés. L’interdiction s’étendra à l’ensemble des textiles en 2030.
Le texte installe aussi une redevance sur les rejets industriels de PFAS dans l’eau, selon le principe du pollueur-payeur, et une trajectoire nationale de réduction de ces rejets. On s’attaque enfin à la source, et plus seulement au robinet.
Comment connaître les PFAS de son eau
Les résultats du contrôle sanitaire sont publics, commune par commune, sur le site du ministère de la Santé et auprès de votre mairie ou de votre service des eaux. Une synthèse annuelle de la qualité de l’eau, établie par l’Agence régionale de santé, est aussi jointe à la facture d’eau.
Que faire chez soi ou dans un établissement
Toutes les solutions ne se valent pas. La microfiltration ne retient pas les PFAS, qui sont dissous. Le charbon actif en retient une partie : en moyenne 73 % dans une étude de Duke University et NC State publiée en 2020, avec de grands écarts d’un filtre à l’autre. Les osmoseurs sous évier, eux, en retiraient 94 % ou plus. Les carafes filtrantes donnent des résultats très variables selon le modèle.
L’osmose inverse retire aussi les minéraux : l’eau doit ensuite être reminéralisée pour être bonne. C’est ce que fait Mongalet, avec la technologie Selzo™ : une eau purifiée par osmose inverse puis reminéralisée en continu, au restaurant, au bureau ou à la maison.
Pour aller plus loin : comment obtenir une eau vraiment pure · l’eau osmosée est-elle dangereuse ? · le comparatif des solutions · Mongalet à la maison.
Questions fréquentes
Quelle est la limite de PFAS dans l’eau du robinet en 2026 ? 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS, en application de la directive européenne 2020/2184, depuis le 1er janvier 2026.
Que se passe-t-il si la limite est dépassée ? L’eau est déclarée non conforme. Le distributeur doit informer la population, agir dans les meilleurs délais et, faute de solution immédiate, présenter un plan d’action au préfet.
Le TFA est-il concerné ? Pas encore. Il ne fait pas partie des 20 PFAS de la directive ; sa surveillance dans l’eau potable est prévue à partir de 2027.
Comment retirer les PFAS de l’eau du robinet ? L’osmose inverse est la technique la plus efficace : 94 % ou plus des PFAS retirés par les osmoseurs sous évier dans une étude de 2020. Elle retire aussi les minéraux, qu’il faut ensuite rendre à l’eau.
Sources
Directive (UE) 2020/2184 du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
Loi du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées.
Département de Seine-et-Marne, « PFAS dans l’eau potable : les obligations règlementaires depuis le 1er janvier 2026 ».
Herkert N.J. et al. (2020), Assessing the Effectiveness of Point-of-Use Residential Drinking Water Filters for Perfluoroalkyl Substances, Environmental Science & Technology Letters.