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Comment obtenir une eau vraiment pure ?

Par Clara Bastid, le 25 septembre 2026

« Eau pure » : le mot est partout, sur les carafes filtrantes, les fontaines de bureau, les cartes des restaurants. Il rassure. Mais que retire vraiment chaque solution de l’eau du robinet ? Les études menées ces dernières années donnent des réponses précises, parfois surprenantes. Et elles rappellent qu’une eau vraiment pure n’est que la moitié du chemin.

Ce qu’on cherche à retirer

En France, l’eau du réseau est l’un des produits alimentaires les plus contrôlés. Elle peut pourtant contenir du chlore, qui lui donne son goût, et surtout des substances dissoutes que les traitements municipaux n’éliminent pas entièrement : PFAS (les « polluants éternels »), résidus de pesticides et de médicaments, microplastiques.

Toute la difficulté est là. Une particule, on peut la retenir avec un filtre. Une molécule dissoute fait partie de l’eau : elle passe avec elle, sauf si la barrière est assez fine pour l’arrêter.

La carafe filtrante : un geste rassurant, un résultat partiel

La carafe filtrante est devenue l’objet des ménages qui ne font plus tout à fait confiance au robinet, sans vouloir de la bouteille. On la remplit, on la range au frigo, on change la cartouche quand on y pense.

En 2024, une équipe de l’Université de Montréal et de Polytechnique Montréal, dont le Pr Benoît Barbeau, a testé cinq carafes du commerce sur 75 PFAS, avec deux eaux du robinet différentes. Les résultats varient fortement d’un modèle à l’autre. Certaines carafes à résine échangeuse d’ions retiennent la quasi-totalité des PFAS. La Brita Elite, elle, en retient 20 % avec l’une des eaux et 48 % avec l’autre ; la Brita Standard, 38 %. Ces carafes ne sont d’ailleurs ni conçues ni certifiées pour retirer les PFAS.

Autre limite : une cartouche a une capacité finie. Son efficacité dépend de l’eau qu’on y verse et diminue à mesure qu’elle se sature.

Microfiltration et charbon actif : du sable dans une raquette de tennis

Les fontaines à eau classiques, au bureau comme au restaurant, reposent le plus souvent sur la microfiltration et le charbon actif. La microfiltration arrête très bien ce qui est en suspension, particules et bactéries, avec des pores de l’ordre de 0,1 micron. Mais une molécule de PFAS ou de pesticide se mesure en nanomètres, mille fois moins, et surtout elle est dissoute. Filtrer un polluant éternel avec une microfiltration, c’est essayer de retenir du sable avec une raquette de tennis : ces molécules ne sont pas mal filtrées, elles ne sont pas filtrées du tout.

Le charbon actif fonctionne différemment : il capte certaines molécules à sa surface. Il est très efficace sur le chlore, le goût et les odeurs, beaucoup moins régulier sur le reste. En 2020, des chercheurs de Duke University et de NC State ont mesuré l’eau de 76 filtres installés chez des particuliers : les filtres à charbon actif retiraient en moyenne 73 % des PFAS, avec des résultats allant de la quasi-totalité à rien du tout.

L’osmose inverse : la barrière la plus complète

L’osmose inverse, utilisée notamment pour dessaler l’eau de mer, change d’échelle. Sous pression, l’eau traverse une membrane dont les pores sont de l’ordre de 0,0001 micron : les molécules d’eau passent, l’immense majorité de ce qui est dissous reste de l’autre côté. PFAS, métaux lourds, nitrates, résidus de pesticides et de médicaments, microplastiques.

Dans l’étude menée par Duke University et NC State, les osmoseurs sous évier ont retiré 94 % ou plus des PFAS mesurés, quelle que soit l’eau d’arrivée. C’est la technologie la plus efficace connue aujourd’hui pour un usage à domicile ou en établissement.

Une eau parfaitement pure n’est pas une bonne eau

L’osmose inverse a un revers : la membrane ne fait aucune différence entre un polluant et un minéral. Elle retire aussi le calcium, le magnésium, les bicarbonates. L’eau qui en sort est propre et vide : sans goût, sans intérêt nutritionnel, peu agréable à boire.

Beaucoup d’osmoseurs s’arrêtent là, ou ajoutent une cartouche de minéraux qui s’épuise en silence : le goût dérive sans que personne ne s’en aperçoive. C’est le problème que nous avons voulu résoudre avec la technologie Selzo™, développée avec le Pr Benoît Barbeau : après l’osmose inverse, l’eau est reminéralisée en continu selon un profil défini, 300 mg/L pour l’eau tranquille, 600 mg/L pour l’eau vive. Le même goût à Paris, à Arles ou à Tokyo.

En résumé

Substances dissoutes (PFAS, pesticides)MinérauxGoût
Carafe filtranteTrès variable selon le modèle et l’eauConservés en partieDépend de l’eau locale
Fontaine microfiltrée / charbon actifPartiel et irrégulierConservésDépend de l’eau locale
Osmoseur classiqueRetenues en très grande partieRetirésPlat, sans relief
MongaletRetenues en très grande partieReconstitués en continuConstant partout

En pratique

Connaître son eau. Les résultats du contrôle sanitaire de l’eau du robinet sont publics, commune par commune.

Se méfier des mots. « Filtrée » ou « microfiltrée » ne veut pas dire débarrassée des PFAS. Pour une carafe ou un filtre, vérifier qu’il est certifié pour ces substances.

Changer les cartouches. Un filtre saturé ne retient plus rien, et peut même relâcher ce qu’il avait capté.

Penser au goût. Une eau pure doit aussi être reminéralisée pour être bonne. Pour les établissements comme pour les particuliers, Mongalet propose les deux, au restaurant, au bureau ou à la maison.

Sources

Teymoorian T., Dinh Q.T., Barbeau B., Sauvé S. (2024), Performance of pitcher-type POU filters for the removal of 75 PFAS from drinking water, Frontiers in Environmental Chemistry.

Herkert N.J. et al. (2020), Assessing the Effectiveness of Point-of-Use Residential Drinking Water Filters for Perfluoroalkyl Substances, Environmental Science & Technology Letters.

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